Chasseral love

Je suis très heureux d’annoncer que mon roman Chasseral love paraîtra début juin aux éditions Mon Village.

Couverture du livre Chasseral love
La couverture du livre (photo Caroline Bueche Jobin)

Il sera vendu en librairie et j’aurai le plaisir de le présenter en avant-première le 4 juin à 19h lors d’une Soirée littéraire à Bienne. J’en dirai davantage le moment venu.

La publication du livre est l’aboutissement d’une longue histoire dont j’ai parlé ici et ici. Il sera disponible juste à temps pour que l’on puisse l’acheter avant de partir en vacances.

Qui parle encore de résurrection ?

Dans la presse de cette semaine, je n’ai vu le mot résurrection associé qu’à la reconstruction de la cathédrale de Paris. Sinon, s’agissant de Pâques, il était question de renouveau, de ferveur, d’une « victoire de Jésus sur la mort », sans qu’on sache exactement en quoi consiste cette victoire. Peut-être s’agit-il du renouveau du printemps par rapport à l’hiver ? Mais les saisons existaient bien avant la passion du Christ.

En ce jour de Pâques, il faut réaffirmer que, pour les chrétiens, la résurrection du Christ est l’événement le plus important qui soit. Mais elle est difficile à admettre. C’est pourquoi on se contente de formules édulcorées pour éviter de choquer notre bon sens et notre rationalité.

Je vous accorde volontiers que la résurrection du Christ est un scandale rationnel total. Mais si le Christ n’est pas ressuscité, alors nous sommes les plus malheureux des hommes, dit l’apôtre Paul. S’il n’est pas ressuscité, alors mangeons et buvons, car demain nous mourrons. C’est encore Paul qui le dit (1 Corinthiens 15.19, 32). Personne ne se voile la face dans la Bible, ni dans l’Ancien, ni dans le Nouveau Testament. Ceux qui en doutent feraient bien de la lire.

Comment alors peut-on envisager de croire à une chose tellement folle que les philosophes d’Athènes se sont moqués quand on leur en a parlé (Paul toujours, dans Actes 17) ? Je vous propose un argument qui concerne les disciples de Jésus.

Quelle a été leur attitude Jésus quand il a été crucifié ? La débandade : nous avons misé sur le mauvais sauveur, notre vie est en danger. Pierre a renié son maître à trois reprises, les autres ont fui. Seul Jean, semble-t-il, a suivi Jésus jusqu’au bout.

Quand les femmes sont venues leur annoncer que Jésus était ressuscité, ils ne les ont pas crues. Le ressuscité a dû se présenter à eux en personne pour que cela change, et encore, ils ont d’abord pensé que c’était un fantôme. Thomas l’incrédule a demandé à mettre ses doigts dans les trous des mains de Jésus et sa main dans son côté blessé par un coup de lance pour pouvoir croire, et il a cru. Cela n’a pas du tout été facile pour eux d’accepter la réalité de ce que leur maître leur avait pourtant annoncé : il ressusciterait le troisième jour. En matière de foi, on peut faire mieux, et c’est probablement la raison qui fait dire à Jésus : heureux ceux qui croiront sans avoir vu (Jean 20.29).

Ensuite, après l’Ascension et la Pentecôte, ces disciples si couards, si peureux, si peu sûrs, sont allés « bouleverser le monde » (Actes 17.6) en annonçant la bonne nouvelle, ne craignant plus rien, se réjouissant des épreuves, acceptant de mourir pour leur foi.

Il a fallu qu’il se passe quelque chose d’immense pour qu’ils soient pareillement transformés : ils ont été témoins de la résurrection du Christ et ils n’ont plus pu s’empêcher d’en parler à tous ceux qui voulaient, ou non, les entendre. On continue d’en parler aujourd’hui, deux millénaires plus tard, en célébrant la fête de Pâques. Pâques n’est pas la fête des œufs et des lapins en chocolat, mais la commémoration de la résurrection de Jésus de Nazareth, fils de l’homme et fils de Dieu.

J’ai quitté Facebook

Comme beaucoup d’autres, j’ai décidé de quitter Facebook. C’est la deuxième fois que je le fais. J’étais revenu de ma première décision pour répondre à une invitation à rejoindre un groupe consacré à l’apologétique, mais j’y ai tellement peu contribué que ce motif est tombé.

Je suis lassé des fake news, des horreurs qu’on raconte sur telle ou telle chose, des affabulations ou des mensonges, ou la reprise de hoax déjà vus il y a des années, et la lecture des commentaires m’a laissé pantois devant tant de haine, de mauvaise foi, de fermeture. Facebook a réussi à transformer en leur contraire les espérances qui motivaient les pionniers du web. Cela s’ajoute à toutes les révélations sur l’usage des données privées qu’on y laisse forcément. C’est venu après le scandale de Cambridge analytica, après les fuites des identifiants, après qu’on a appris que les employés de Facebook avait accès en clair aux identifiants des usagers, autant de scandales qui, chacun, justifaient déjà qu’on quitte ce réseau. Mais la nausée qui m’est montée à la lecture de ces commentaires a été la chose en trop. Ça suffit.

Pour le moment, je garde mon compte Twitter, qui est soigneusement cloisonné, et où je ne trouve que les fils auxquels je me suis abonné. Mais je sais que si j’ouvrais le robinet, ce serait aussi l’horreur.

Que reste-t-il ? Il reste des outils dont je conserve une certaine maîtrise : mon site web, mes comptes mail, ma lettre de nouvelles. Des outils que je paie (je ne veux pas de comptes gratuits, qui me volent mes données), avec moins d' »amis » que sur Facebook, mais tant pis.

Photo by Alex Haney on Unsplash

Une idée neuve

Cet article est la suite de la série sur la question du bonheur entamée ici.

Le bonheur est une idée neuve en Europe

Cette phrase a été prononcée par le révolutionnaire Saint-Just en 1793. On peut s’étonner que le bonheur lui semble une idée neuve en Europe quand on sait combien il a préoccupé les philosophes de l’Antiquité.

L’idée est neuve en Europe parce qu’en 1776, le deuxième paragraphe de la Déclaration d’indépendance des État-Unis d’Amérique a introduit le droit au bonheur :

Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

Et elle est neuve parce que l’on se sent justifié à penser que la « parenthèse chrétienne » s’est refermée : c’en est fini du souci du salut de l’âme, qui renvoie le bonheur dans l’au-delà de cette vie. La priorité est désormais à la réalisation du bonheur ici et maintenant.

Mais regardons plus précisément ce à quoi on a donné congé, et comment cela s’est fait. Je vais suivre ici les analyses de Dany-Robert Dufour dans la longue préface qu’il donne au livre de Mandeville, La Fable des abeilles.

Une des clés de compréhension est donnée par saint Augustin dans la Cité de Dieu. Il y développe l’idée que deux cités se côtoient dans notre monde, la cité des hommes, marquée par l’amour de soi au mépris de Dieu, et la Cité de Dieu, où règne l’amour de Dieu au mépris de soi. L’objectif d’Augustin est de faire grandir la cité de Dieu en invitant fermement les citoyens de la cité des hommes à rejoindre celle de Dieu.
L’obstacle à surmonter réside dans les désirs humains, qui s’opposent à l’amour de Dieu, et principalement dans ce qu’il appelle les trois concupiscences :

  1. Le désir du pouvoir et de la domination, la libido dominandi
  2. Le désir de savoir et de connaître, la libido sciendi
  3. Le désir de satisfaire les passions des sens et de la chair, la libido sentiendi.

La « parenthèse chrétienne » ne pourra pas être refermée tant que tiendra la condamnation des trois concupiscences. Paradoxalement, ce sont des disciples d’Augustin qui vont lui porter les coups décisifs : les jansénistes côté catholique, et les calvinistes côté réformé. Pascal et Pierre Nicole pour les premiers, Bernard de Mandeville pour les seconds. Nous allons voir comment, mais le ver est déjà dans le fruit, dans la pensée même d’Augustin. En effet, pour être capable d’accueillir la voix de Dieu, il faut d’une certaine manière prendre soin de soi, accepter un minimum d’amour de soi si Dieu, dans son amour pour nous, veut nous parler et nous éclairer.

C’est par là qu’on peut saisir comment Pascal a pu ouvrir une première brèche en faveur de la libido sciendi, alors même qu’après sa conversion, il avait renoncé à toute activité scientifique pour ne plus s’occuper que des œuvres de piété, défendant ses amis jansénistes contre le christianisme minimaliste des jésuites, et travaillant jusqu’à sa mort à son Apologie de la religion chrétienne, que nous connaissons sous la forme des Pensées. Avec le fameux argument du pari.

Le pari doit beaucoup à aux recherches antérieures de Pascal. Pour aider des amis qui souhaitaient maximiser leurs chances dans les jeux de hasard, il avait jeté les bases du calcul des probabilités. Or l’estimation des risques de perte et des chances de gain est au cœur de l’argument, que je me risque à résumer ainsi : mieux vaut parier sur l’existence de Dieu que sur sa non-existence, car, pour une mise limitée, il y a une éternité de vie et de bonheur à gagner. Le pari inverse nous laisse libres de chercher notre bonheur ici-bas à notre guise, mais nous expose à une perte immense si nous nous sommes trompés

Par rapport à la libido sciendi, l’important ici est que l’argument du pari repose sur la science, le savoir, la connaissance. Si celle-ci permet de convaincre des gens de changer de vie, elle trouve une légitimité. Le désir de connaître se trouve ainsi partiellement rétabli dans ses droits.

On sait comment les choses se passent une fois que la première brèche a été faite : ce qui était condamné va devenir la règle. On verra dans un prochain article comment on est venu à bout de l’interdiction des plaisirs et du désir de dominer.

Croire aux castors ?

J’ai la chance de vivre à la campagne, dans un endroit où il y a encore des oiseaux et des insectes, dont quelques rares papillons. Avec le printemps, les oiseaux sont de plus en plus nombreux et ça gazouille assidûment. Je vois aussi d’autres animaux : trois lièvres ce matin, et un minuscule écureuil noir.

Je n’arrive pas à douter de l’existence de ces animaux-là. Mais les castors existent-ils ? Je n’en ai jamais vu un seul. Et pourtant, il y a les arbres taillés en pointes de crayon, les barrages qui ont transformé le ruisseau qui coulait au fond d’un petit ravin en une rivière de plusieurs mètres de large, avec des bassins successifs où baignent les troncs des arbres encore debout et où, l’autre jour, nageait un couple de canards. La Douanne a tellement changé qu’on se prend l’envie d’y faire pousser des nénuphars et d’y introduire des poissons rouges.

On raconte beaucoup de choses à propos des castors. Des gens disent les avoir observés. Des livres en parlent; leurs mœurs, leurs habitats (invisibles pour nous) ont été décrits. Mais soyons sérieux : comment puis-je croire en l’existence d’animaux dont je n’observe que les créations ? Qui sait si elles n’ont pas des causes que j’ignore ? Au fond, n’est-ce pas comme si je manquais de preuves de l’existence des castors ?

Mais j’ai décidé de croire à l’existence des castors.

Photo by Thomas Lipke on Unsplash

Retour sur le thème du bonheur

Photo Jon Tyson, Unsplash.com

Le 25 février, j’ai eu l’occasion de lancer un débat sur le thème du bonheur comme marchandise. J’aimerais revenir sur deux ou trois éléments.

«Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre». 

Pascal, Pensées, Laf. 148.

Certes, mais les conceptions anciennes du bonheur sont très différentes de ce que nous propose la société marchande d’aujourd’hui. Quelques exemples pour illustrer ce point.

“Le bonheur est à ceux qui se suffisent à eux-mêmes”

Aristote

Aristote enseignait que le bonheur spécifiquement humain se trouve dans l’usage de la raison, car c’est la partie rationnelle de notre âme qui nous distingue des animaux. Nous serons heureux si nous recherchons la vertu dans un chemin qui évite les excès et les extrêmes, et la contemplation nous rapprochera du divin, qui est pure pensée. Les plaisirs des sens sont certes agréables, mais ils constituent une satisfaction que les animaux éprouvent aussi. Ils n’ont rien de proprement humain.

Les épicuriens et les stoïciens professaient des doctrines différentes, mais ils se retrouvaient quand ils estimaient que la sagesse – et donc le bonheur – ne s’atteignent que dans un travail sur soi, dans la maîtrise des passions, qui nous jettent hors de nous-mêmes quand elles ne sont plus contrôlées. C’est un chemin difficile, parfois ascétique, loin de la foule et de ses idées toutes faites sur le bonheur.

Les stoïciens visaient l’apathie, c’est-à-dire l’absence de souffrance.

N’essaie pas que ce qui arrive arrive comme tu veux, mais veux ce qui arrive comme il arrive, et tu couleras des jours heureux.

Épictète, Manuel, VII.

Pour les épicuriens, tous les plaisirs ne sont pas à rechercher:

Il faut […] comprendre que, parmi les désirs, les uns sont naturels et les autres vains, et que parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires et les autres seulement naturels. […] Une théorie véridique des désirs sait rapporter les désirs et l’aversion à la santé du corps et à la tranquillité de l’âme, puisque c’est là la fin d’une vie bienheureuse, et que toutes nos actions ont pour but d’éviter à la fois la souffrance et le trouble.

Épicure, Lettre à Ménécée

À l’opposé, il y a ces paroles de Jésus dans les Béatitudes, déclarant heureux tous ceux que le sens commun considère comme les plus malheureux des hommes : les pauvres en esprit, les humbles, ceux qui pleurent, les assoiffés de justice, les persécutés, les miséricordieux ? D’une certaine manière, ce sont des passionnés qui souffrent de l’absence de ce à quoi ils aspirent. S’ils sont déclarés heureux, c’est à cause de la promesse que leur récompense sera grande dans les cieux.

Mais c’est ici-bas que nous voulons être heureux et la société dans laquelle nous vivons se propose de réaliser notre bonheur d’une tout autre manière. Le bonheur ici-bas, et non dans les cieux; le bonheur par la satisfaction de tous nos désirs, de tous nos fantasmes, de toutes nos passions. Le bonheur n’est pas pour ceux qui voudraient se suffire à eux-mêmes, les pauvres, mais pour ceux qui ont compris que la consommation va les combler.

C’est à peine caricatural. Dans un prochain billet, nous allons voir comment on est passé des conceptions antiques du bonheur à leur contraire.

Que du bonheur

Le véritable bonheur consiste à vivre conformément à son essence. L’homme étant par définition un animal rationnel, c’est en privilégiant l’usage de sa différence spécifique, la raison qu’il sera heureux : dans l’action, en trouvant le juste milieu entre les excès et les extrêmes; et dans la contemplation, cette activité par laquelle il soigne sa ressemblance avec le divin.

Tel est le bonheur selon Aristote, qui a fait l’objet du premier débat de cette série de labos-philo sur le bonheur. Avec le bonheur comme marchandise, nous interrogeons la société d’aujourd’hui. Mandeville, Voltaire et Dany-Robert Dufour vont nous aider à situer le débat.

Rendez-vous donc lundi 25 février à 20h chez Heidi.com à Neuchâtel. J’aurai le privilège de donner le coup d’envoi. Les débats seront animés par Matthieu Béguelin.

L’École d’Athènes et la plaque de chocolat performative

De passage à Lucerne, la semaine passée, j’ai visité le Musée des Beaux-Arts au quatrième étage du KKL. Il présentait entre autres l’exposition annuelle des artistes de la Suisse centrale, ainsi qu’une installation de Simon Ledergerber intitulée l’École d’Athènes (vidéo à voir en suivant le lien).

Simon Ledergerber, Die Schule von Athen. Photo Kunstmuseum Lucerne

Quand je pense à l’autre École d’Athènes, celle de Raphaël, qui est une allégorie de la philosophie, je trouve celle de Ledergerber bien peu peuplée, mais, qui sait, en phase avec la philosophie de notre époque, occupée à tourner en rond en grattant les murs à la recherche de traces anciennes ?

Raphaël, L’École d’Athènes, Palais du Vatican, Chambre de la signature. Image Wikipedia.

L’élément qui a vraiment retenu mon attention lors de ma visite était une table dans un couloir, où étaient disposées une douzaine de tablettes de chocolat avec une pièce de 5 francs, rappelant les cadeaux qui font plaisir aux enfants. Une information en deux langues posée sur la table invitait à en prendre une, à condition de l’offrir le jour même à une personne inconnue.

J’ai pris celle de la photo ci-dessus en me demandant à qui je pourrais bien la donner. Un SDF ? Un mendiant ? Ce serait parfait, mais je n’en ai pas vus. À cela s’ajoutait la crainte de devoir tout expliquer, le musée, la table, la consigne à observer. Celle d’essuyer un refus aussi : une tablette de chocolat est facile à accepter, mais il y avait la pièce de 5 francs.

Finalement, le bénéficiaire a été l’employé du wagon restaurant dans le train de Bâle à Berne (j’ai beaucoup voyagé ce jour-là). Il avait plusieurs repas à servir, il était stressé et il passait à côté de moi sans même me demander ce que je voulais. J’ai dû insister pour passer commande. J’étais irrité, il ne m’était pas sympathique. Je lui ai donné la plaque après avoir payé mes consommations, peu avant Berne, en lui disant qu’elle était pour lui, que c’était un cadeau, ein Geschenk. Et là, il a été transfiguré en homme content, souriant, heureux. Il m’a remercié plusieurs fois, et m’a encore apporté un espresso pour me remercier une fois de plus.

J’ai fait un cadeau qui ne m’a rien coûté, sauf qu’il m’engageait à faire quelque chose de précis. Celui qui l’a reçu s’est empressé de m’offrir quelque chose. Don, contre-don. Et l’occasion d’une expérience déstabilisante pour lui et pour moi.

Dans l’air du temps

Au Damassinier, tel était le nom de ce blog jusqu’à présent. Je l’avais choisi en fonction d’un projet de maison d’édition qui n’a finalement publié qu’un seul de mes livres, AD éditions, où AD abrégeait « Au Damassinier », en forme d’hommage à un damassinier qui était planté dans mon jardin.

Cet arbre, trop vieux, a dû être coupé, et je ne l’ai pas remplacé. Et comme la plupart des billets de ce blog parlent de l’esprit de notre temps, de notre Zeitgeist,  j’ai décidé de le rebaptiser Dans l’air du temps, sachant que le latin et le grec utilisent le même mot pour nommer l’air et l’esprit.

Ce sera donc dans l’air du temps. Et si vous vous demandez ce qu’est un damassinier, sachez que c’est un arbre fruitier qui produit de petites prunes très aromatiques, dont on tire, dans le Jura suisse, une eau-de-vie recherchée. Il a, dit-on, été ramené de Damas par les Croisés, qui y sont donc allés… pour des prunes.

Source de l’image : rts.ch

Je vous laisse avec cette seule image : celle de l’air du temps est trop multiple, ou alors invisible, comme l’air.

Brouillon

C’est l’impression que je me fais de moi-même à certains moments. Quand il n’y a plus d’obligations professionnelles, l’existence se déstructure, et je dois résister à ma tendance à ne faire les choses que lorsque l’envie se présente. Chaque nouvelle journée n’est certes pas une page vierge de toute contrainte, mais moins je programme mon temps, plus je le perds en petites choses dont le souvenir s’évapore sans laisser de traces. Du temps vécu, mais perdu. Ce sont les activités qui comptent (l’écriture en premier lieu) qui en souffrent le plus.

Je me « dé-brouille » mieux quand je décide à l’avance à quoi je vais passer mon temps, dans une démarche délibérée, inscrite dans mon agenda. Et si je note ce que j’ai fait de ma journée, cela m’aide à mieux vivre celle qui va suivre.